En matière de musique antillaise, il est souvent conseillé de commencer par la fin : retourner le disque et lire la liste des musiciens. Celui-ci sort un brelan d’as de sa manche : David Fackeure, à qui l’on doit les arrangements de l’ultime album de Jenny Alpha, est au piano et les frères Fanfant se partagent basse et batterie. Certes, le répertoire n’a rien de bien original. Le chanteur de Pointe-à-Pitre emprunte des titres à deux géants des Caraïbes, Harry Belafonte et Jean-Baptiste Nemours, l’inventeur du compas, et ses propres compositions sont si classiques qu’elles sonnent comme des reprises. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel est que l’album groove gaiement, gracieusement, au large d’une île au soleil, vue comme un paradis entre terre et ciel.